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Le télétravail de l’exception à la normalité

Avant la crise sanitaire du coronavirus et les mesures de semi-confinement qui ont imposé à de nombreux salarié vaudois et suisses le télétravail, celui-ci était déjà en nette hausse. En effet, en 2018, une étude de l’Office fédéral de la statistique montrait que depuis 2001, le nombre de personnes actives effectuant du home office au moins une fois par mois, avait plus que quadruplé. Ce n’est sans doute pas par hasard non plus qu’en 2019, le Secrétariat à l’économie, SECO, a édité une brochure (téléchargeable ici) dédiée au travail à domicile, qui détaille les différents cadres (santé, droits et obligations, convention, etc) à respecter.

L’expérience actuelle, à grande échelle, va contribuer encore à faire évoluer le monde du travail de manière significative. Sorti de la crise sanitaire, une fois la situation redevenue à la normale, il se pourrait bien que le home office devienne une normalité de plus en plus étendue au sein des entreprises, même les moins enthousiastes sur la question, comme le soulignait Anne-Marie Van Rampaey, consultante en ressources humaines et management, interrogée par le Temps début mars : « La situation est une excellente occasion de tester le télétravail pour les entreprises les plus réticentes. Elles verront à l’usage que les collaborateurs font tout aussi bien leur travail et mettront de côté certaines peurs. Le télétravail «forcé» permettra peut-être à certaines d’entre elles de prendre conscience qu’il est possible de fonctionner autrement.»

Ainsi, la notion de lieu de travail ne sera plus aussi pertinente qu’avant comme le rappelle l’économiste Nicolas Bouzou dans Bilan : «Les salariés et les entreprises se rendent compte qu’ils peuvent faire à distance plus de choses que ce qu’ils imaginaient. Ils voient aussi que le télétravail, dans une situation de crise, ne « désunit » pas l’entreprise, au contraire. Face à la nécessité de sauver les entreprises, certains salariés et managers se révèlent en prenant des initiatives, surtout dans les PME, les plus en danger aujourd’hui.»

Du côté des salariés eux-mêmes, l’expérience se révèle positive, et, à en croire un sondage réalisé par Deskeo en France récemment, près de 62% des personnes interrogées souhaiteraient plus de télétravail après le confinement. Toutefois, presque la moitié, soit 43%, avouent que l’émulation collective leur manque.

Enfin, le télétravail forcé semble aussi montrer qu’il ne met pas à mal la confiance entre l’employeur et l’employé, ni la responsabilité de ce dernier, toujours selon Nicolas Bouzou : « Beaucoup d’entreprises ne voulaient pas autoriser le télétravail, ou sous des conditions très restrictives, car elles n’osaient pas faire confiance à leurs salariés. Là, elles sont obligées de le faire. Ces conditions exceptionnelles sont le déclencheur d’un mouvement qui va durer. »

A ce nouveau paradigme, les ressources humaines auront aussi à s’adapter.


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